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Commune de Cremps

Historique de la commune :

Photode l'église de CrempsLe village de Cremps conserve l’empreinte visible d’une implantation humaine datant du Néolithique (3 000 ans av. J.C.) par les vestiges de deux dolmens et de quelques objets tels que des outils en pierre taillée et des tessons de poteries trouvés dans un abri sous-roche. Beaucoup plus tard, des chartes du Moyen-Age confirment l’existence d’une paroisse vouée à Notre-Dame de Crens, Crins ou Crems suivant les écrits de l’époque.

La lettre « p » finale du nom de notre village s’est ajoutée tardivement. Il semble que faute de moyens et de main d’œuvre suffisants la pratique de la terre brûlée ait permis des défrichages de grande envergure dès le IXe siècle, favorisant l’installation durable d’une communauté. L’origine du mot Cremps viendrait du verbe latin cremare qui signifie brûler. Le village était alors sous la domination du chapitre de Cahors qui possédait un immense domaine. L’importance des récoltes de cette paroisse attira la convoitise de divers seigneurs dont celle des Saint-Cirq, puis des Cardaillac qui avaient hérité de la vicomté de Saint-Cirq-la Popie au début du XIIIe siècle.

En 1257, ils finirent par obtenir des droits sur cette terre en échange d’une redevance annuelle s’élevant à 40 livres monnaie de Cahors et un autour d’acapte à chaque décès du tenant du titre, en faveur du chapitre qui restait suzerain. La prospérité durait depuis plusieurs siècles quand la guerre de Cent Ans amena la ruine et la désertification totale des villages du secteur. Peu avant 1468, le seigneur Cardaillac de Saint-Cirq procéda au repeuplement de Cremps par la location à bas prix de vastes étendues afin d’encourager l’installation de paysans venus du Rouergue. La plupart des Crempsois actuels descendent de ces pionniers qui entreprirent de remettre les terres en culture avant même de reconstruire les bâtisses, dont leur église entièrement relevée à partir de 1528.

Croix GouzouLes guerres de religion apportèrent leur lot de misères : le 15 décembre 1588 se déroula une terrible bataille opposant une troupe de catholiques basée à Cremps à un groupe puissamment armé commandé par Antoine de Gourdon, seigneur de Cénevières, rallié au parti protestant. Les assaillants firent soixante-douze victimes dans les rangs de leurs adversaires. De plus la peste réapparaissait en moyenne tous les vingt ans ajoutant sa note tragique, elle disparut définitivement en 1653 après avoir sévèrement atteint notre village.

La seigneurie de Cremps passa par mariage en 1612 à la famille Montaigut d’Orgueil, seigneurs de Lalande. Cette famille, qui possédait de nombreux fiefs, aménagea le château de Cremps pour une occupation ponctuelle avant de s’installer définitivement au XVIIIe siècle. La devise familiale était : « Una fides, unum foedus, unus amor » que l’on peut traduire par : « Une foi, une loi, un amour. » Le blason du baron de Montaigut de Cremps fut enregistré en 1696 « d’Azur à 4 Losanges posés 2 et 2, les 1 et 4 d’Or, les 2 autres d’Argent qui est de Montaigut. » Ils étaient issus de la noblesse d’épée et ont de tous temps fait preuve de bravoure sur les champs de bataille au service du roi. Jean-Pierre de Montaigut de Cremps, lieutenant-colonel d’infanterie, fut le dernier seigneur de Cremps, il mourut en 1795. Il avait fait don de tous ses biens à un lointain parent issu de la même famille et promis à un brillant avenir. Ce dernier changea de nom et devint par la grâce du roi, comte de Montagu-Lomagne. Il perdit toutes les possessions de sa famille à la Révolution, il eut une descendance jusqu’en 1858.

Actuellement, le nom de Montaigut est porté par la famille de M. Michel de Mondenard, issu d’une lignée cadette des Montaigut. Au fil du temps, les Crempsois avaient organisé leur communauté, indépendamment de leurs seigneurs et du clergé auxquels ils devaient quelques redevances. Ils exploitaient les terres à leur profit, transmettant leur patrimoine à leurs enfants, organisant leurs transactions en toute liberté. Le village comptait une majorité de paysans auxquels s’ajoutait une population dynamique d’artisans essentiels à la vie économique. Tous les métiers habituels de la maçonnerie, de la menuiserie et du textile étaient représentés, mais aussi ceux plus particuliers de forgeron ou maréchal-ferrant, tonnelier, cordonnier, chapelier, meunier… Au fil du temps la population s’était fortement accrue, elle était de 822 habitants au moment de la Révolution avant de diminuer progressivement, passant de 695 en 1876 à 201 habitants en 1975. Depuis, la tendance s’est inversée puisque notre commune compte 320 habitants en 2005, montrant l’attrait bien réel d’un village des Causses du Quercy ayant su garder son authenticité dans un environnement naturel protégé, riche de son patrimoine. 

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