Les communes
Commune d'Aujols
La seigneurie d'Aujols
Le fief d’Aujols semble appartenir à la famille de Cardaillac dès le XIII° siècle. En effet, en 1252, Bertrand de Cardaillac-Bioule hommageait au chapitre de Cahors pour divers fiefs de la contrée, dont, entre autres, celui d’Aujols.
Il ne semble pas exister d’autres seigneurs à Aujols que les Cardaillac : on voit d’abord la branche principale de Bioule, puis le rameau de Saint Cirq et Cieurac faire hommage au chapitre de Cahors de nombreuses possessions qu’elle possède dans la région, notamment à Aujols.
En 1543, Antoine de Cardaillac, seigneur de Peyre en Gevaudan, hommage pour Saint Cirq, Cieurac, Concots et Aujols, au chapitre de Cahors. Son fils, Antoine II fait en 1598 un accord avec les habitants d’Aujols au sujet des aréages de la rente. La veuve de ce dernier, Antoinette de Paluels, vend aux consuls des rentes sur les paroisses d’Aujols et de Laburgade.
Le château d’Aujols fut laissé par Bertrand II de Cardaillac-Bioule à sa veuve.
En 1631, la moitié de la terre d’Aujols fut achetée par damoiselle de Vanis de noble Antoine de Fontanges, seigneur de Laroque des Arcs et Charles de Fontanges, seigneur de Saint Hilaire. Il s’agit de la partie de Flaujac et de Hauteserre. Cette partie passa aux Dadine de Hauteserre.
La famille de la Popie de Saint Cirq avait au XIV° siècle dans Aujols un fief de la Raymondie.
Aujols avait ses consuls au nombre de 3.
La paroisse d'Aujols
Placée sous l’invocation de Saint Jean Baptiste, la fête patronale a lieu le dernier dimanche du mois de juin
L’église d’Aujols a été rattachée par l’évêque de Cahors à l’archidiaconé de Montpezat, le revenu de ce bénéfice lui ayant paru insuffisant à supporter toutes les charges tandis que la paroisse d’Aujols avec son annexe de Flaujac était opulente.
La commune actuelle de Laburgade appartenait à la paroisse d’Aujols.
L’église d’Aujols ainsi que ses deux annexes, Flaujac et Laburgade, faisaient partie de l’archiprêtré de Saint Cirq Lapopie.
Aujols, bien que constituant une paroisse avec Laburgade et Flaujac, formait une seule communauté rurale avec Escamps (paroisse de Concots).
LES ELEMENTS REMARQUABLES
Le château :
L’emplacement de l’ancien château des Cardaillac est attesté par le mur crénelé inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, et qui se présente sous la forme d’un mur surmonté de créneaux dont le caractère défensif est quelque peu contredit par la présence d’une claire-voie ouvrant largement l’édifice vers l’extérieur. Il est de fait probable que cette élévation relève de plusieurs campagnes de travaux attestées notamment par les changements d’appareil de maçonnerie.
La claire-voie, qui se distingue par un linteau plat, se compose d’une série de quatre baies divisées par un meneau et alternant avec des trumeaux soigneusement appareillés. Les baies appuient sur un cordon mouluré et sont surmontées par un oculus orné d’un remplage en forme de trèfle. On note la présence d’une porte en tiers point et de jours moulurés.
On peut penser que cette élévation appartenait à une construction résidentielle ouvrant vers une cour probablement fermée, d’où la présence sans doute d’un dispositif défensif en premier plan à l’emplacement de l’actuelle place.
Le cadastre ancien et le plan établi lors du projet de percement d’une voie nouvelle nous montrent qu’effectivement l’élévation actuelle prenait position au cœur d’un ensemble aujourd’hui disparu.
Le cadastre ancien fait apparaître des limites parcellaires qui peuvent être interprétées comme les anciennes limites du noyau initial, s’appuyant notamment sur l’ancienne route de Cahors à Rodez représentée au XVIII° siècle sur la carte de Cassini.
On s’aperçoit d’autre part, que des constructions carrées, en saillie, jalonnent ces limites notamment au contact des passages. Il s’agit peut-être de dispositifs défensifs associés à des portes.
La forme dans son ensemble évoque un castrum mais nulle mention n’est faite du castrum d’Aujols.
Le château des Cardaillac est venu occuper une position stratégique dominant d’une part la combe de la Valse et commandant d’autre part l’un des axes vitaux du département.
L'église Saint Jean Baptiste :
Le cadastre ancien et le relevé de l’église avant démolition nous montrent qu’il s’agissait probablement d’un édifice à nef unique prolongé d’une travée formant croisée de transept dont le bras Sud était doublé d’une chapelle, et d’un chœur de plan pentagonal.
Ainsi, si la nef est attribuable au 12° siècle comme l’atteste l’appareillage finement assisé et la baie romane encore visible en façade Sud, le chœur, de part sa forme, résulte sans doute d’une campagne postérieure du 14° siècle. L’église fut reconstruite à la fin du 19° siècle selon un plan en croix latine, seule le mur gouttereau Sud de la nef a été conservé en partie.
Le lavoir papillon:
A l’image de certains villages caussenards, Aujols s’est caractérisé par la présence d’un couderc, espace appartenant en commun aux habitants et autour duquel s’organise le bâti. Ici, il est matérialisé par le lavoir papillon monumental qui occupe la place centrale et demeure le point de ralliement des villageois.
Le lavoir papillon doit son nom à la forme en « V » de la dalle calcaire devant laquelle s’agenouillait la lavandière pour battre son linge. Ce type de lavoir est une spécificité du causse de Limogne. A Aujols, chaque famille avait l’habitude d’utiliser la même pierre. On venait au lavoir une à quatre fois l’an, essentiellement pour le gros linge. Les draps préalablement bouillis dans une marmite garnie de cendres de bois pour être détachés étaient ensuite blanchis sur la pierre. Une fois lavé, le linge était étendu autour du lavoir ou dans le pré en dessous.
Souvent considéré comme un endroit « clé » du village puisque toutes les voies principales convergent vers ce point, le lavoir a perdu sa fonction pour devenir aujourd’hui un lieu d’agrément et de souvenirs. Désormais les canards ont remplacé les lavandières.
extrait du rapport de présentation de la ZPPAUP d'Aujols par Gaëlle DUCHENE
